Un courant n’est jamais constitué par une seule personne. C’est dire que le courant ‘’Mankoo taxawu Apr’’ est constitué par un certain nombre d’hommes et certainement de femmes, même si, pour le moment, Diakhaté est le seul visible.

Moustapha a l’audace de ses idées. C’est un esprit ouvert, un homme politique hors norme qui n’aime pas être dompté. C’est ce qui l’oppose à ses compagnons de parti, du Pds à l’Apr, étant entendu qu’une fois au pouvoir, les réflexes autocratiques envahissent les têtes de file de ces formations.

Or, l’Apr, après 7 ans de gestion du pouvoir, a engendré beaucoup de frustrations dans ses rangs de la part notamment de ceux qui, nombreux, pensent que la ligne de conduite adoptée n’est pas la meilleure. On se rappelle de la fameuse interview d’Abou Abel Thiam, du limogeage de Tidiane Kassé, de Sory Kaba, de l’ostracisme dont sont victimes, entre autres, Alioune Badara Cissé, Aminata Touré avant d’être réhabilitée, Mor Ngom, Mbaye Ndiaye qui, en réalité, ne sont plus vraiment ‘’aux affaires’’ au détriment d’une masse de transhumants et d’alliés venus récolter les fruits de leur travail.

A ces frustrés, s’ajoutent d’autres qui, eux, n’ont jamais eu de postes de responsabilité et n’ont aucun accès au chef. Le cas du chanteur Doudou Ndiaye Mbengue illustre bien la catégorie de gens qui ne reconnaissent plus Macky une fois au pouvoir. Ils sont laissés en rade pendant qu’il reçoit des chanteurs comme Mame Gor Jazaka, Thione Seck, etc.

Le ‘’griot de Macky’’ rase actuellement les murs et ne se prive pas, parfois, de le dire.

Ce que nous voulons mettre en exergue par-là, c’est que Moustapha Diakhaté est loin d’être le seul à chercher à changer le cours normal des choses. La différence est que les autres y mettent la forme et n’agissent pas du tout. Par peur !

Le simple fait par exemple pour Mbaye Ndiaye, le Directeur des structures, de n’avoir pas participé au lynchage de Diakhaté par une Commission de discipline fantoche, est symptomatique d’un malaise en interne.

Seydou Guèye, porte-parole du Gouvernement, vient de nous révéler que c’est le président Macky qui avait instruit son exclusion. Mais cela coule de source et n’est nullement un secret. Sans l’onction ou l’ordre de Macky, personne n’y songerait.

Alors, les Sénégalais sont curieux de savoir, avec nous, qui travaille avec Moustapha ?

Nous ne pouvons pas avancer de noms et ne sommes sûrs de rien. Mais ce que nous pouvons dire avec certitude, c’est qu’il va travailler à grossir les rangs du courant. Et, au fur et à mesure que s’approcheront les prochaines échéances électorales, il aura la chance de compter sur une bande de frustrés dont certains vont désormais avancer à visage découvert.

Le courant compte déjà des membres et le principal challenge de Moustapha, c’est de le voir grossir.

C’est dire que le ‘’mortal-kombat’’ a déjà démarré entre les deux hommes. Une situation conflictuelle qu’on aurait pu éviter si l’Apr était bien structurée avec une Commission ‘’gestion des conflits et arbitrages’’ à la place ou à côté de cette commission ou conseil de discipline qui n’a jamais fonctionné jusqu’ici.

La réalité est que Macky ne compte plus vraiment sur l’Apr et ses compagnons de la première heure. Les temps ont changé. De l’eau a coulé sous les ponts. Il ‘’n’est plus dans les combines’’.

Une façon de dire qu’il en a presque fini avec des élections, du moins avec la présidentielle.

Malheureusement, le danger pour cette façon de penser et d’agir, c’est que c‘est le parti qui risque de partir en lambeaux. Car, cela voudrait dire que l’Apr n’a été qu’un instrument pour accéder au pouvoir.

C’est peut-être cela que Diakhaté a compris. Saura-t-il sauver le parti tout en étant exclu ?

C’est toute l’ambigüité de sa démarche.

Assane Samb

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