Entre l’ancien Président Abdoulaye Wade et l’actuel, les relations sont très ambigües. C’est du moins ce que l’on peut observer après les spectaculaires retrouvailles au cours de l’inauguration de la mosquée de Massalikul Jinane, par l’entregent du Khalife général des Mourides, et surtout l’audience au Palais sanctionnée par un communiqué.

De nombreux espoirs avaient été nourris surtout quand le Président Sall promettait qu’il allait rencontrer le Président Wade chez lui pour continuer les discussions.

Des observateurs avaient même anticipé sur d’éventuelles alliances politiques.

Mais, aujourd’hui, après quelques mois d’attente, le ton est tout autre. Du moins chez Wade.

Dans un communiqué paru dans la presse, hier, Wade fait remarquer sa sortie du Front de résistance nationale (Frn) que dirige Mamadou Diop Decroix par le fait qu’il ‘’se distingue malheureusement par de multiples déviances autant dans son fonctionnement qu’à travers les rapports suspects de certains responsables avec le pouvoir en place’’.

Pis, le parti et son secrétaire général lancent un cri de guerre en engageant ‘’l’ensemble des militants et responsables à rester mobilisés dans la perspective des nouvelles batailles qui seront définies par la direction du parti’’.

Autrement dit, Wade n’est plus dans une dynamique de dialogue ou de réconciliation avec Macky. Il revendique sa posture d’opposant radical au point de se séparer d’un allié qui, d’ailleurs, en termes de rapprochement, a fait beaucoup moins que lui.

Et, par respect pour nos lecteurs, nous ne pouvons nous mettre à avancer que Wade déterre la hache de guerre au risque de tomber dans un possible piège tendu aux médias par un stratège politique hors pair. Cette hostilité à Macky affichée, non pas directement, mais indirectement par personne interposée, peut être faite à dessein pour pousser la presse à penser et soutenir que Wade enterre Massilikul Jinane. Cela peut être vrai. Il se peut en effet que les négociations n’aient pas abouti. Que Wade et Macky soient au point mort dans leur désir de travailler ensemble, politiquement s’entend.

Mais, il se peut aussi qu’il n’en soit rien. La stratégie bien huilée du Pape du Sopi en manipulant les médias, est bien connue. Wade peut nourrir le désir, comme Macky du reste qui s’est séparé de ses deux magistrats, parce qu’ils ont parlé de Karim devant le Comité des droits de l’homme de l’Onu, de camoufler les négociations en cours dans le souci de surprendre l’opinion et leurs adversaires.

La vérité est que le Pds, en tant que parti, ne se réunit plus publiquement. Les communiqués sont rares, voire inexistants. Et Karim est devenu aphone alors qu’il y a quelques mois, il communiquait beaucoup avec ses proches via les réseaux sociaux et en recevaient même certains.

Tout cela augure du fait que les portes de la négociation ne sont pas complètement fermées entre les deux hommes d’Etat.

Et tout ce que nous pouvons avancer, de façon sûre, c’est qu’entre Macky et Wade, l’aventure est ambigüe. Et qu’ils réservent aux Sénégalais une très grande surprise qui pourrait bouleverser le paysage politique.

Wade ne peut pas s’en prendre à de seconds couteaux du fait de leur ‘’attitude suspect’’ à l’égard du pouvoir alors que depuis son voyage à Conakry, il observe exactement la même posture.

Nous restons convaincus que le dialogue soit rompu avec Macky et Wade n’en parle même pas.

Le travail du Khalife général des Mourides ne saurait être vain, même si Karim Wade est encore au Qatar.

Et Macky et Wade sont bien déterminés à ne le pas le décevoir, même s’ils peuvent prêcher le contraire.

Assane Samb

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