l a été récemment question pour le collectif Noo Lank de rencontrer le président de la République, si toutefois ce dernier venait à satisfaire la condition de libérer Guy Marius Sagna et ses autres camarades en prison. Il faut dire que cette décision révélée par Me Alioune Badara Cissé est en train de décimer le Collectif Noo Lank. Hier déjà, Génération des forces citoyennes de Mame Cheikh Seck, co-initiatrice du collectif aux côtés d’autres organisations, a quitté le mouvement, en attendant d’autres qui sont annoncés comme n’étant pas d’accord avec la façon actuelle de manager le mouvement qui lutte pour la réduction du prix de l’électricité. Une bonne nouvelle tout de même : le dossier Guy Marius Sagna bouge.




Le torchon brûle à «Noo lank, ñoo bañ». Depuis que Me Alioune Badara Cissé a fait part de la disponibilité de ses leaders à rencontrer le président de la République si toutefois Macky Sall acceptait de libérer Guy Marius Sagna et ses co-détenus, le Collectif connaît des remous. Avant-,hier lors de la réunion d’évaluation de la marche du 10 janvier dernier, certains membres du Collectif se sont bien fait entendre.
En effet, si pour certaines organisations comme Frapp/France dégage, il est hors de question de s’asseoir avec le Président Sall pour discuter de quoi que ce soit, même de la libération de Guy Marius Sagna, pour certains comme les animateurs de «Génération des forces citoyennes» de Mame Cheikh Seck, co-initiatrice du collectif, les gens doivent discuter avec le président de la République pour savoir ce qu’il va dire. «Si le président de la République est disposé à nous recevoir, je pense que nous devons le rencontrer. Les activistes comme Frapp/France dégage ou encore le Mouvement Y en a marre s’y opposent mais nous, nous pensons que c’est une décision unilatérale. En tant qu’organisation de la société civile, notre mission, c’est une mission de veille et d’alerte. Pas de faire de l’activisme, dans l’affrontement continu», a lâché Mame Cheikh Seck au téléphone avec «Les Échos».
D’ailleurs, il révèle que le mouvement «Génération des forces citoyennes» qu’il dirige, pourtant parmi les initiateurs de Noo Lank, a décidé de quitter le Collectif. «Il faut discuter, c’est cela notre point de vue. Si on ne s’entend pas, on peut toujours retourner dans la rue. Mais pas de toujours se braquer… la seconde chose que nous avons dit en réunion, c’est notre désaccord par rapport à la démarche qui consiste à rencontrer les leaders politiques. Mon organisation et d’autres ont soutenu que ce n’était pas normal et ça, depuis le début. Ce sont les leaders politiques qui doivent venir vers nous ; pas le contraire pour ce combat. Quand tu touches à l’argent des politiques, tu fais de la politique, alors que ce n’était pas cela le sens de notre combat. Certains pensent même que nous sommes en train de mettre en place une grande alliance, une coalition politique alors que le combat est citoyen. Après plusieurs semaines d’engagement citoyen contre la mesure portant sur la hausse du prix de l’électricité et pour la libération de Guy Maruis Sagna et Cie, la Gfc a choisi de quitter le collectif pour des raisons qui vous seront communiquées en détail lors d’un point de presse prévu ce week-end. Mais, elle rappelle au collectif qu’elle est une organisation libre dans ses prises de position. Et qu’elle refuse toute forme de soumission au détournement d’objectif, à la récupération égoïste et à l’appropriation politique du combat». 
Et d’ajouter : «la démission prend effet, ce 14 janvier 2020 au soir, soit au terme de plusieurs tentatives d’isolement, de marginalisation et d’intimidation dont font l’objet, à l’instar de la Gfc,  certaines organisations co-fondatrices du collectif.
La décision unilatérale de rejeter toute rencontre avec le chef de l’Etat en  constitue une parfaite illustration. La Gfc tient à informer qu’elle ne s’est pas engagée dans la création du collectif pour s’amuser dans la rue, mais pour combattre une mesure de l’Etat qui, aujourd’hui, affiche sa volonté de discuter sur la question suite à la démarche du médiateur de la République. Notre organisation exprime sa volonté de discuter en tant que responsable et non de s’entêter dans un affrontement éternel».


Noo Lank face à la presse à 10h, dans le circuit une rencontre avec Idrissa Seck


Noo Lank, d’après une note de son coordonnateur, fera face à la presse à 10h. On ne sait ni l’heure, ni le moment, mais Noo Lank va rencontrer le patron de Rewmi. Selon nos sources, les contacts avec Idrissa Seck ont été établis par le groupe de contact de Noo Lank; ce même groupe de sept personnes qui a déjà piloté et drivé les rencontres avec Wade, Khalifa Sall, Sonko…


Le dossier Guy Marius Sagna bientôt évoqué


Certains que nous avons eu au téléphone nous disent que s’ils ne donnent pas officiellement leur position par rapport à la rencontre avec le président de la République, c’est parce qu’ils attendent de savoir ce que les juges vont décider. En effet, le dossier Guy Marius bouge et sera bientôt évoqué. En conséquence, certaines organisations members de Noo Lank ne veulent pas faire une communication qui risque de gâcher ses chances. Mais, beaucoup d’organisations membres de la plateforme ont une position qui n’est pas forcément la position du groupe de contact.

Madou MBODJ

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