wa Ndao, un monstre ? Si certaines personnes peuvent expliquer son geste, il reste constant qu’elle a fait preuve d’un acte des plus monstrueux. Après 9 mois de grossesse, la bonne dame a accouché dans sa chambre, loin des regards indiscrets. Mais au lieu de se rendre dans une structure sanitaire pour la prise en chargé de son bébé, Awa Ndao, femme divorcée et mère de 2 enfants, a étranglé de sang-froid son nouveau-né avec un morceau de tissu qu’elle a enroulé autour de son cou. A la Chambre criminelle de Dakar où elle comparaissait hier, le procureur de la République a requis 7 ans à son encontre. Elle a déjà fait 4 ans de détention préventive. Délibéré le 5 février prochain. 


Célibataire et mère de 2 enfants, Awa Ndao avait auparavant contracté une grossesse hors mariage qu’elle a menée à terme. Et cette fois encore, la même situation s’est reproduite. Car, elle est de nouveau tombée enceinte de son copain Joseph Ndong. Et si elle a informé de son état de grossesse son copain qui a accepté la paternité, elle l’a caché à sa propre famille et à sa patronne. Ayant effectué toutes ses visites prénatales, au cours d’une nuit, au domicile de sa patronne, Awa Ndao a accouché en catimini avant de mettre son nouveau-né dans un sachet en plastique. Le lendemain, elle a très tôt appelé sa belle-mère Juliette, l’informant qu’elle avait accouché et qu’elle et son bébé se portaient bien. Mais, plus tard, elle l’a rappelée et lui a annoncé que le bébé venait de mourir. C’est ainsi que Awa Ndong a enveloppé dans un sachet le cadavre de son bébé, l’a mis dans son sac qu’elle a remis à sa belle-sœur Madeleine Gnagna. Une fois chez elle, cette dernière a vu le nouveau-né enveloppé dans le sachet. Curieusement, le bébé saignait des narines. Prise de peur en voyant les narines du bébé qui saignaient, la belle-sœur a informé les limiers qui ont cueilli Awa Ndao. 


Awa Ndao : «j’ai pris un morceau de tissu, je l’ai enroulé autour de son cou et j’ai tiré fortement jusqu’à ce que mort s’ensuive»



Ainsi devant les enquêteurs, elle a déclaré que son bébé était vivant à la naissance. Et d’avouer l’avoir étranglé jusqu’à ce que mort s’ensuive. Interpellée sur le mobile de son acte, elle a indiqué que sa mère n’allait pas accepter cette relation qu’elle entretenait avec son copain du fait que ce dernier était de confession chrétienne alors qu’elle est musulmane. Toujours dans ses explications, elle a laissé entendre que le fait d’avoir été engrossée une première fois hors mariage fait partie aussi des raisons qui l’ont poussée à tuer son bébé après son accouchement. Sur le mode opératoire, elle a expliqué avoir pris un morceau de tissu qu’elle a enroulé autour du cou du nouveau-né avant de tirer fortement jusqu’à ce que mort s’ensuive. Son forfait accompli, elle a effacé de la chambre toute trace qui pourrait la confondre. 



Awa Ndao change totalement de position à la barre



Inculpée pour le crime d’infanticide, Awa Ndao a comparu hier mercredi devant la Chambre criminelle de Dakar, où elle a totalement nié ce qu’elle avait dit. «Je n’ai pas tué mon bébé et je ne l’ai pas non plus enveloppé dans un sachet. Je l’avais enroulé dans un pagne avant de le montrer à ma belle-sœur. Cette dernière m’avait demandé pourquoi il saignait du nez. Mais, je lui ai dit que je ne savais pas ce qui se passait», a raconté l’accusée, âgée de 31 ans. 
Sa belle-sœur Madeleine Gnagna, entendue à la barre, a donné plus de précisions dans cette affaire. «Elle est venue chez moi après son accouchement. C’est là que mon mari m’a ordonné de lui demander un certificat de genre de mort qui prouve que le bébé est décédé. Quand je l’ai interrogée, elle m’a confié que l’hôpital ne lui a pas donné de papier. Je lui ai demandé où se trouvait l’enfant et elle m’a dit de fouiller ses bagages. Après fouille, j’ai trouvé dans son sac le bébé qui avait toujours son cordon ombilical, enveloppé dans un sachet bleu. Mais, ses narines continuaient de saigner abondamment même après qu’on l’a nettoyé», dit-elle avant de poursuivre : «c’est là que j’ai appelé ma mère et cette dernière a crié lorsqu’elle a vu le bébé qui était dans un piteux état. Elle l’a mis dans un sachet et non dans un pagne comme elle le dit. C’est après avoir vu la longueur du cordon ombilical qu’elle m’a confié avoir accouché au domicile de sa patronne. Elle m’a affirmé qu’elle s’est servi d’un ciseau pour le couper», précise-t-elle. 
Sa patronne, Aïssatou Dieng, entendue à titre de témoin, a soutenu devant la Chambre qu’elle n’était pas au courant de la grossesse de sa bonne. «A chaque fois que je la questionnais sur son état, elle me répétait qu’elle avait un fibrome. Elle ne manifestait pas sa grossesse. C’est à la police que j’ai su qu’elle avait accouché. Et pourtant, elle partageait la même chambre avec ma fille de 12 ans. Mais je n’ai pas remarqué de traces de sang dans ladite pièce lorsqu’elle est partie de chez moi», a renseigné la patronne. 
Son copain et père du bébé, Joseph Ndong, avait porté plainte. Avant de se désister. Mère de ce dernier, la dame Juliette d’ajouter : «elle a apporté le bébé avec elle chez nous et j’ai constaté que son nez saignait toujours. Vu qu’on ne nous avait pas donné de certificat de genre de mort, on ne pouvait pas l’enterrer. C’est là qu’on a appelé la police à des fins d’autopsie». Le procureur qui a estimé que Awa Ndao a trompé son monde, a requis 7 ans de travaux forcés contre elle. «Elle a pris un morceau de tissu qu’elle a enroulé autour du cou et l’a tiré fortement. C’est là qu’il est mort par strangulation, ce qui fait que les narines saignaient abondamment. La mort était atroce», a révélé le représentant du ministère public. 





Awa Ndao demande pardon à la Cour, son copain Joseph Ndong crie son amour pour elle



Pour la défense de l’accusée, Me Ibrahima Mbengue et Me Brice Sylva ont demandé la relaxe pour leur cliente. Cette dernière a sollicité le pardon à la Chambre lorsque le juge lui a demandé son dernier mot. Le président de l’audience ayant fixé le délibéré pour le 5 février prochain, le copain de l’accusée s’est levé et a déclaré : «Moom laa bëgg» (c’est elle que j’aime) avant que le juge Dembélé lui rétorque : «Yalla baaxna» (Dieu est grand). 

Fatou D. DIONE

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