Entretenir des relations sexuelles durant la grossesse avec son conjoint semble être une crainte pour certaines femmes. Mais, pour d’autres, l’acte sexuel est l’une des meilleures thérapies pour le bon déroulement de la gestation.

Grossesse et relations sexuelles. Par ces mots, la jeune femme pouffe de rire. Le sujet est gênant. Tabou. D’un air timide, elle baisse les yeux, sourit et tente de fuir le débat. Pourtant, Fatim Sall a de l’expérience dans ce domaine. Après un bref conciliabule, elle se résigne à se confier. « Chaque femme à sa manière de dérouler sa grossesse. Pour mon cas, je suis à la 5ème fois et à part une fatigue générale notée tout au début, cela se déroule normalement. Heureusement pour moi, je n’avais pas de nausées matinales. Je sentais juste que mes jambes étaient lourdes », a-t-elle d’emblée fait savoir. Pour ainsi, soutenir : « Jusqu’à trois mois, on n’avait pas de soucis avec mes relations sexuelles. Cependant, plus le ventre devient rond, plus les positions sexuelles changent. On peut adopter la position cuillère ou ciseaux, tout dépend du volume du ventre », balance-t-il, en s’esclaffant.

« J’ai eu un rapport sexuel avec mon mari 6 heures avant mon accouchement »

Quid de la fréquence des rapports sexuels avec son mari, la dame, la trentaine bien sonnée, a renseigné qu’elle fait de moins en moins de rapports sexuels durant cette période. « En moyenne deux fois la semaine jusqu’à huit mois. Quand j’entre dans le 9èmemois, j’en fais rarement, car mon corps devient trop lourd. Je ne supporte plus mon conjoint. Je pense plus à la délivrance qu’à un plaisir sexuel », a narré Fatim Sall.

L’enseignante n’a jamais eu peur d’une fausse couche ou d’accouchement prématuré que ses activités pourraient engendrer. La raison est simple : son médecin-traitant la suit de très près. La maman respecte à la règle les recommandations de l’homme de l’art. « Je n’ai jamais eu de craintes par rapport à la vie du bébé. Si mon médecin trouve que le bébé n’a aucun problème de santé, alors c’est bon. Idem pour les rapports ». Le voile de la timidité levé, Fatim Sall a raconté une anecdote, on ne peut plus extraordinaire. « Lors de ma deuxième grossesse, six heures avant mon accouchement, j’ai eu un rapport sexuel avec mon mari et cela a déclenché le travail deux heures plus tard, et par la même occasion a facilité l’accouchement », dit-elle avec une large banane.

Une déclaration soutenue par Pape Diallo. Agé de 33 ans, cet expert en communication assure avoir fait l’amour avec son épouse et trois heures après, cette dernière a perdu les eaux. Un signe pour se préparer à aller à la maternité.

« Mon conjoint craignait de me faire mal… »

Mariétou Gning capitalise 2 grossesses. Mais, elle reconnaît que ce n’est pas une chose facile d’allier grossesse et sexualité. « Pour le début, on peut être un peu contrariée pour ne pas que cela puisse provoquer une fausse couche », avance la pharmacienne. Mais personnellement, ajoute-elle, lors de ma première grossesse, j’ai pensé qu’il fallait prendre un congé de la vie sexuelle. « En réalité, ce n’était qu’une crainte. Au début je n’avais aucune relation jusqu’après trois mois de grossesse et là j’ai repris le cours normal des choses avec mon conjoint qui lui aussi craignait de me faire mal. Il a fallu le rassurer », a-t-elle indiqué. Tout en argumentant : « La sexualité pendant la grossesse est quelque chose qu’il ne faut pas dramatiser. C’est un fait normal qui rapproche le couple surtout à cette période où la femme compte-tenu des changements que subit son corps a besoin de plus d’attention ». Ainsi, au-delà des trois mois, Mariétou Gning a continué à avoir une vie sexuelle normale sans aucune difficulté. « Cependant, arrivée à terme c’est à dire à 9 mois de grossesse, c’est le poids qui me fatiguait. Sinon, je n’ai eu aucune contre-indication pour ne pas avoir de rapports sexuels ». Pour les positions, la dame affirme avoir pris le soin de demander à son médecin celles qui sont les mieux adaptées pour avoir du plaisir.

« Au début de la grossesse, il est déconseillé à l’homme d’être sur la femme parce que le fœtus est encore fragile »

Mère de 4 filles et d’un garçon, Salimata Sow n’y voit aucun inconvénient si ce n’est une aubaine pour les femmes. Dans la peau d’une experte en médecine, elle avance : « C’est même recommandé puisque cela facilite l’accouchement. Il est même conseillé de le faire si l’on sent que le terme approche. C’est juste quelques femmes, des novices qui ont peur. Durant tout le processus, les rapports sexuels ne sont pas déconseillés, mais plutôt conseillés. La seule chose qui peut changer, ce sont mes positions pour passer à l’acte ». La ménagère dévoile que la gent féminine éprouve un plaisir intense durant cette période. « Oui bien sûr, les femmes en redemandent d’ailleurs et veulent se sentir aimées », confie-t-elle. Saly, pour les intimes, signale tout de même : « Au début de la grossesse par exemple, il est déconseillé à l’homme d’être sur la femme parce que le fœtus est encore fragile. Quand la grossesse avance aussi, l’homme ne peut satisfaire la femme qu’en la prenant par derrière ».

« Le rapport sexuel est un calmant pour bien dormir et le plaisir est plus intense pendant la grossesse »

C’est le même cas pour Monique Sambou. « Quand je commençais à avoir du ventre, je pouvais plus tenir couchée. C’était, soit je monte sur lui, soit il me prend par derrière. Et j’avoue que je ne suis pas la seule », a-t-elle corroboré. Même si cette étudiante argue que tout ne se passait pas comme sur des roulettes au début. « Après les 3 mois, cela fait du bien. Il n’y a pas de problèmes pour le fœtus. Un rapport sexuel, c’est même un calmant pour bien dormir et c’est plus intense pendant la grossesse. Mieux, il est recommandé de le faire surtout vers la fin pour faciliter l’accouchement », relate-t-elle.

Pour beaucoup de femmes interpellées, aucun risque ne se pose en faisant l’amour pendant la grossesse. Selon elles, il faut juste trouver les positions qui vont avec l’état dans lequel on se trouve. De plus, « le bébé est bien protégé ». Confirmant les dires de ces dernières, Fatou Sine de laisser entendre : « Même les docteurs insistent là-dessus. Si, on est apte à le faire, on le fait. Il n’y a aucun risque !». Le seul hic : les positions qui ne sont pas confortables pour le bébé.

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